Une ville en terres stériles, sur un fleuve

Avec ce qui y pousse (orge et dragée), cette terre peut nourrir une ville d'environ 1 000 habitants depuis des champs à moins d'une journée de charrette de ses murs.

Bâtir une ville en terres stériles, sur un fleuve

Une ville de 10 000 habitants ici

Son grain vient de 79 km à la ronde, 3,5 jours de charrette (intenable par la terre). Environ 1 400 villages et 79 000 campagnards le cultivent, et la ville compte environ 40 lettrés. Sur l'eau, des navires peuvent apporter une part du grain : pour une ville de 10 000 habitants, en faire venir 90 % garde le charroi sous une journée.

Dans l'histoire

Gartok, dans l'ouest du Tibet, se dresse à 4 460 m sur la rive du Gartang, l'une des sources de l'Indus. Après avoir pris la région au Ladakh en 1684, Lhassa y installa le siège de ses gouverneurs, les garpön. C'était un campement plus qu'une ville : ils passaient neuf mois par an à Gar Gunsa, un second camp une soixantaine de kilomètres en aval, et ne montaient à Gartok que d'août à octobre. Alors au moins 500 nomades et marchands s'y pressaient, et les bergers du Changtang y vendaient la laine pashmina aux acheteurs du Ladakh et du Bashahr. William Moorcroft n'y vit guère plus qu'un campement de tentes de couverture et quelques maisons de briques crues. Il y vint en 1812 ; le garpön le laissa commercer, et Lhassa l'en punit de trois ans de prison.

Sur le Changtang, au Tibet, vers 4 980 m, le champ aurifère de Thok Jalung était le plus haut du monde. Un petit ruisseau le traversait, et son eau lavait l'or de la terre. Quand l'arpenteur indien Nain Singh, qui cartographiait le Tibet en secret, l'atteint le 26 août 1867, il trouve des mineurs logés sous des tentes en poil de yack dressées dans des fosses de deux mètres ou plus. Il le dit l'endroit le plus froid qu'il ait connu, et y voit une pépite d'environ 0,9 kg.

Quelle taille de ville ?

HabitantsGrain venu deEn charretteVillagesLettrésPar bateau pour tenir en un jour
3 00043 km à la ronde2 jours (tendue)4201270 %
10 00079 km à la ronde3,5 jours (intenable par la terre)1 4004090 %
40 000160 km à la ronde6,5 jours (intenable par la terre)5 500160plus que des navires ne peuvent apporter
150 000310 km à la ronde12,5 jours (intenable par la terre)21 000600plus que des navires ne peuvent apporter
1 000 000790 km à la ronde32 jours (intenable par la terre)140 0004 000plus que des navires ne peuvent apporter

Y vivre

Ici, pas de bois à céder. La ville a besoin d'environ 18 000 tonnes de bois par an pour ses foyers et ses ateliers : elle brûle de la paille (environ 11 000 tonnes par an), de la bouse et des broussailles, et achète le reste. Chiffre provisoire.

À son marché, elle vend : céréales, simples, maïs, laine et fromages ; elle achète : bois d'œuvre, fer et sel. Environ 830 bourgs tiennent marché dans sa campagne.

Environ 40 % de ce que mangent ses habitants ne vient pas des champs. Dans cette part : troupeaux 59 %, poisson 35 %, jardins 6 %. Cela fait quelque 5 200 unités de bétail sur 78 km² de pâture, et environ 680 pêcheurs sur 170 barques. Estimation Hearth.

Ce qui rend la vie dure

  • Le plateau se vide l'hiver : les gouverneurs de Gartok passaient neuf mois par an dans un camp plus bas, en aval, et une troupe britannique de passage en 1904 ne trouva que quelques dizaines de personnes dans leurs quartiers d'hiver, au milieu d'une plaine nue.
  • Le commerce suit les traités, pas le marché : selon le traité de 1684, seuls les Ladakhis pouvaient acheter la laine pashmina vendue à Gartok, et les autres devaient passer par des alliés.
  • L'étranger attire les ennuis sur qui l'accueille : le garpön qui laissa William Moorcroft commercer en 1812 fut puni par Lhassa de trois ans de prison.
  • Un froid à peine supportable : à Thok Jalung, les mineurs vivaient sous des tentes enfoncées dans des fosses, sous le niveau du sol.
  • Le ruisseau est l'atelier : le camp lave son minerai là où coule l'eau, et y vit aussi.

Les années dures

Environ une année sur 8, la récolte tombe sous les quatre cinquièmes d'une année normale : il manque alors à la ville quelque 560 des 1 900 tonnes de grain que lui donne sa terre, et l'eau lui permet de faire venir ce qui manque. Une peste qui tuerait 39 % de la ville, comme la peste noire dans les villes d'Europe, laisserait environ 24 000 km² de ses champs en friche.

Ce qu'elle peut produire

Céréales (avec un coût), Lin (avec un coût), Plantes tinctoriales (avec un coût), Vergers (avec un coût), Simples, Maïs, Laine, Chevaux (avec un coût), Bœufs et cuir (avec un coût), Fromages, Porcs et salaisons (avec un coût), Chèvres, Miel et cire, Poisson, Chantiers navals (avec un coût)

Ce que sa terre ne donne pas, une ville d'ici doit l'acheter : bois d'œuvre.

Ce dont elle vit

Orge et dragée

Sous le sol

Ce qu'une ville extrait dépend de la roche qui la porte : Granite, Roche volcanique, Roches ultrabasiques (péridotite, serpentine), Schistes et gneiss, Marbre, Calcaire et craie, Grès, schistes argileux et argiles, Couches de sel, Graviers et sables des rivières

Ce qu'on y trouve

À récolter (Rerum) : Fourrure de Lièvre Arctique, Viande de Lièvre Arctique, Aile de Coléoptère, Viande de Chamois, Lichen d'Islande, Racine de Silène Acaule, Feuilles d'Oxyrie, Mycélium

Pour l'entendre

Terres stériles dans Biomes : plantes, animaux, dangers et sons

Le même climat

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Par taille de ville

1 000, 3 000, 10 000, 30 000, 100 000, 300 000, 1 000 000

Sources

Ouvrir le bâtisseur de cités — MGS Toolbox