Une ville en prairie inondable, sur un fleuve

Avec ce qui y pousse (riz, légumineuses), cette terre peut nourrir une ville d'environ 120 000 habitants depuis des champs à moins d'une journée de charrette de ses murs, à peu près la taille de Venise vers 1300.

Bâtir une ville en prairie inondable, sur un fleuve

Une ville de 10 000 habitants ici

Son grain vient de 7 km à la ronde, 0,5 jour de charrette (à l'aise). Environ 280 villages et 79 000 campagnards le cultivent, et la ville compte environ 40 lettrés. Si elle grandit jusqu'à 40 000 habitants, son grain vient de 14 km à la ronde, 1 jour de charrette (à l'aise). Si elle grandit jusqu'à 150 000 habitants, son grain vient de 28 km à la ronde, 1,5 jour de charrette (tendue). Si elle grandit jusqu'à 1 000 000 habitants, son grain vient de 72 km à la ronde, 3 jours de charrette (fragile).

Dans l'histoire

Dans le delta intérieur du Niger, au Mali, des hommes se fixèrent à Djenné-Djeno vers 250 av. J.-C., après une période sèche qui avait réduit les marais. Ils cultivaient le riz africain dans la crue et mangeaient silures, perches du Nil et surtout du bœuf ; des dunes toutes proches offraient un refuge au bétail quand l'eau montait, et une terre pour le mil. Vers l'an 800, la ville et ses environs comptaient peut-être de 10 000 à 27 000 habitants, derrière un rempart de briques crues de près de deux kilomètres de tour. Son riz partait, pense-t-on, vers d'autres centres, Tombouctou entre autres, et s'échangeait sans doute contre le sel, le cuivre et le poisson séché du Sahara ; des perles de verre remontant au IIIe siècle av. J.-C. montrent jusqu'où portait son commerce.

Là où le Tigre et l'Euphrate s'étalent en marais dans le sud de l'Irak, les Arabes des marais vivaient dans des maisons de roseaux voûtées, sur la berge ou sur des îles faites de roseaux et de boue. Certaines familles élevaient des buffles d'eau ; d'autres cultivaient le riz sur de petites parcelles défrichées en avril et semées à la mi-mai, en lisant les saisons au lever des Pléiades et de Sirius. Chaque cheikh entretenait un moudhif, une grande maison d'hôtes en roseaux où l'on réglait les querelles et recevait les visiteurs. Les marais servaient aussi de refuge : des esclaves et des serfs en fuite s'y cachèrent pendant la révolte des Zanj.

Quelle taille de ville ?

HabitantsGrain venu deEn charretteVillagesLettrésPar bateau pour tenir en un jour
3 0004 km à la ronde0,5 jour (à l'aise)8312–
10 0007 km à la ronde0,5 jour (à l'aise)28040–
40 00014 km à la ronde1 jour (à l'aise)1 100160–
150 00028 km à la ronde1,5 jour (tendue)4 20060020 %
1 000 00072 km à la ronde3 jours (fragile)28 0004 00090 %

Y vivre

Ici, pas de bois à céder. La ville a besoin d'environ 6 200 tonnes de bois par an pour ses foyers et ses ateliers : elle brûle de la paille (environ 8 000 tonnes par an), de la bouse et des broussailles, et achète le reste. Chiffre provisoire.

À son marché, elle vend : céréales, riz, lin, coton et canne à sucre ; elle achète : bois d'œuvre, fer et sel. Environ 7 bourgs tiennent marché dans sa campagne.

Environ 20 % de ce que mangent ses habitants ne vient pas des champs. Dans cette part : troupeaux 23 %, poisson 35 %, jardins 42 %. Cela fait quelque 1 000 unités de bétail sur 15 km² de pâture, et environ 340 pêcheurs sur 85 barques. Estimation Hearth.

Ce qui rend la vie dure

  • La crue ne vient jamais deux fois de la même façon. Une ville qui vit du riz de crue doit prévoir l'année où l'eau reste basse et celle où elle noie les champs.
  • Quand le fleuve monte, les troupeaux doivent gagner les hauteurs, et il faut quelqu'un pour les y mener et les ramener.
  • Le paludisme et la bilharziose sont endémiques dans le marais : une ville d'ici a toujours ses malades.
  • Le roseau coûte peu et se monte vite, mais une grande salle de roseaux doit être refaite environ tous les dix ans : une ville de roseaux a toujours un chantier ouvert.
  • Le marais cache les gens. Esclaves en fuite et rebelles s'y évanouissent depuis longtemps dans les roseaux, hors de portée des princes.

Les années dures

Environ une année sur 8, la récolte tombe sous les quatre cinquièmes d'une année normale : il manque alors à la ville quelque 660 des 2 300 tonnes de grain que lui donne sa terre, et l'eau lui permet de faire venir ce qui manque. Une peste qui tuerait 39 % de la ville, comme la peste noire dans les villes d'Europe, laisserait environ 200 km² de ses champs en friche.

Ce qu'elle peut produire

Céréales, Riz, Lin, Coton, Canne à sucre, Plantes tinctoriales, Vergers, Simples, Pomme de terre, Maïs, Laine (avec un coût), Chevaux (avec un coût), Bœufs et cuir, Fromages, Porcs et salaisons (avec un coût), Chèvres, Miel et cire, Soie, Poisson, Chantiers navals (avec un coût)

Ce que sa terre ne donne pas, une ville d'ici doit l'acheter : bois d'œuvre.

Ce dont elle vit

Riz, Légumineuses

Sous le sol

Ce qu'une ville extrait dépend de la roche qui la porte : Granite, Roche volcanique, Roches ultrabasiques (péridotite, serpentine), Schistes et gneiss, Marbre, Calcaire et craie, Grès, schistes argileux et argiles, Couches de sel, Graviers et sables des rivières

Ce qu'on y trouve

À récolter (Rerum) : Riz Sauvage d'Afrique, Paille de Riz Sauvage, Viande d'Alligator d'Amérique, Grains d'Echinochloa, Aile de Coléoptère, Graines de Bourgou, Tige de Bourgou, Fibre de Palmier-bâche

Pour l'entendre

Prairie inondable dans Biomes : plantes, animaux, dangers et sons

Le même climat

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Par taille de ville

1 000, 3 000, 10 000, 30 000, 100 000, 300 000, 1 000 000

Sources

Ouvrir le bâtisseur de cités — MGS Toolbox